Je n’arrive pas à dormir. Pour pas changer. Tout est calme chez moi, tout le monde dort. C’est tranquille, j’aime ce silence, ça change.
Hier je me suis acharné sur mon poignet. Le gauche, parce que j’ai pensé que demain il y a sport et on fait lancé de disque. Déjà que la semaine dernière j’avais oubliée, je me suis blesser le droit. Et il faut dire que pour lancé après se n’est pas très pratique ça me faisais super mal. Donc au final je n’ai pas pu faire de performance.
Maintenant j’ai un joli bandage sur le poing gauche. Je risque d’avoir des questions de la part de mes amies mais bon…J’inventerais un mensonge. Même si elles sont au courant pour les taillades je me vois mal leur expliquer que je l’ai fait et dire pourquoi. Donc, je préfère mentir sur le sujet.
J’ai regardé ce sang couler sous la douche, tout se rouge… Ca faisait longtemps. Lorsque je regardé j’avais une sorte de vision, l’impression de me projeter hors de mon corps. Comme si j’étais une autre personne. C’est plutôt bizarre et assez compliqué à expliquer.
Disons que j’avais deux voix qui s’affronter. Une voulait que j’arrête et l’autre non. Même si je voulais écouter celle qui me disait stop, m’a main ne m’aurais suivit. J’ai coupé, encore et encore. Jusqu’au moment où j’ai prit peur en voyant tout le sang dans la douche. Je ne veux pas faire de malaise. Surtout pas en se moment. Je sais que l’eau joue beaucoup, qu’il n’y a pas que du sang mais même…J’ai paniqué je crois. Mais est-ce à cause du sang ? Ou bien en voyant que je ne contrôlais pas vraiment ?
J’ai pris une compresse. J’ai stoppé l’hémorragie. Désinfecter et j’ai mis un bandage pour éviter de tacher mon pull ou que quelqu’un ne voit une plaie. C’est beaucoup plus simple de trouver une excuse pour la bande, je peu dire être tombé en courant ou en faisant du roller, alors qu’une plaie, a part l’histoire du chat ou des ronces, mais se n’est pas très crédible je trouve.
Ce qui m’énerve c’est que le médecin m’a donné un sursit jusqu'à novembre pour l’hospitalisation, comment je peux aller bien sachant ça. En plus ces temps ci ma mère me prend la tête avec cette histoire. C’est du chantage je le sais très bien. Mais elle s’imagine quoi ? Oui ça me fait peur de savoir que je pourrais être à l’hôpital, mais se n’est pas parce qu’on me menace que je vais changer d’attitude, bien au contraire.
Le pire c’est que ces temps ci, je ne sens vraiment plus ma place ici. J’ai de plus en plus envie de partir. J’ai en quelque sorte fait mes adieux. Alors pourquoi ? Pourquoi rester ? Pour qui rester ? Ce sont les questions que je me pose et je n’y trouve pas de réponses ! Est-ce à ça qu’on pense lorsqu’on passe à l’acte ? Est-ce cela qu’on ressent ?
Je ne me suis pas encore coupé se soir. Mais j’en ai vraiment envie. Pour évité de le faire j’ai envoyé un texto à Angie pour qu’elle passe sur le net. On a discuté. Ca va un peu mieux, mes parents sont partit et ma sœur passe la nuit dehors. En gros pour le moment je suis seule. Je devrais profiter du calme et du silence de l’appartement, pourtant…Je pense trop au suicide. Ca va un peu mieux mais bon, ca reste encore fragile.
J’essaie de faire le point. De comprendre comment j’en suis arrivé la. Je pense que c’est une accumulation de tout se qui se passe ces temps. Au lycée, chez moi, avec les médecins…Il y a beaucoup trop de monde au courant. Et leurs phrases débiles qui ne réconfortent pas et n’arrangent rien.
Encore j’ai réussi à faire comprendre à ma mère que j’en avais marre qu’elle se mêle de ma vie. J’avais rendez vous au CMP pour adolescent aujourd’hui. Enfin, se n’est pas moi qui l’ai prit et j’avais prévenu ma mère que je n’irais pas, que ça servait à rien. Avec les filles on est allé manger à l’IUT comme ça on a vu le copain à Angie. Et après on a squatté sur un banc et discuté.
Ma mère a essayé de m’appeler, mais je n’ai pas décroché. J’ai su après qu’elle est allée au lycée et qu’elle a été voir la CPE. Je me rappel qu’il y a même la prof d’SVT qui été venu me posé la question, savoir pourquoi je n’avais pas été, mais je n’avais pas vraiment envie de lui répondre, je ne vois pas en quoi ça la regardé. Alors je l’ai vite expédié en répondant :
« Oui je n’ai pas été et alors ? »
Quand je suis rentré chez moi à la fin de la journée et que j’ai essayé de lui expliqué pourquoi elle m’a répondu sèchement :
« OK, je ferais comme si, il n’y avait rien. Je ne prendrais plus rendez vous pour toi ! »
J’étais plus ou moins soulager. Mais je savais pertinemment qu’elle ne le ferait pas. Je l’a connait assez bien pour le savoir. Elle me laissera tranquille une semaine, deux maximum, mais pas plus.
Pour le moment j’évite de ne rien faire. Alors j’écris comme ça je ne pense pas à autre chose. Seulement je n’arrive pas à tenir en place, je me lève, me rassoit, me relève, je tourne en rond comme un animal en cage. Il ne faut pas que j’y pense, non ! Je sais que je vais le faire, au fond de moi ça bout, je sais que je vais finir par me couper, mais je ne doit pas y pensé. Je ne peux pas perdre trop de sang, je veux éviter de faire un malaise. Sinon je leur montrerais qu’ils avaient raison, ils auront gagné et je serais cloitrais entre quatre murs. Et ça, je ne veux pas, ça non ! Il faut que je m’en persuade, ça n’arrivera pas, il ne faut pas que ça arrive. Est-ce compréhensible ? Je ne sais pas trop. Ce que je sais par contre, c’est qu’en écrivant je me libère un petit peu, cela m’occupe et me permet d’évacuer mes pensés, d’évacuer se qu’il y a à l’intérieur de ma tête.
Je dois me dire que ses idées vont passés. Que c’est juste une période et qu’après tout ira mieux. Quand on est au plus mal il ne peut y avoir que du bien après.
Je dois penser qu’à la fin du mois je vais au concert de Placebo avec Julia. Ce sera la première fois pour moi où j’irais à un concert. Après je vais dormir chez elle et le lendemain on fête son anniversaire. Et puis je vais faire une soirée chez moi pour halloween, film d’horreur et bonbon. Juste pour ça je dois tenir et ne pas faire de connerie.
Je me fixe des objectifs et m’y accroche. Pour, lorsque je vais mal, me dire que j’ai encore des choses à faire. Donc que je ne peux pas quitter cette terre tout de suite.
J’essaie de positivé pour ne pas faire de bêtise, mais bon…Mes parents viennent de rentré et se n’est pas dans la joie. Après ma mère me tend le téléphone. Je la regarde l’air de demander se qu’elle me veut.
« C’est une infirmière. »
Je ne m’en mêlerais plus. C’est ce qu’elle m’avait dit ! Ras le bol de son comportement ! De raconté à tout le monde mes problèmes. Je prends quand même le téléphone :
« Allo… »
La femme me parle, mais je ne suis pas d’humeur à l’écouter, ni même à lui parlé, en plus ma mère restait à coté alors bon… A la fin elle me demande si j’ai quelque chose à dire.
« Non !
-Bon d’accort, je ne vais pas plus vous déranger.
-Au revoir. »
Et je rends le téléphone à ma mère. Elle parle encore cinq minutes et finit par raccrocher. Ensuite elle vient vers moi et me dit :
« Tu aurais pu lui parlé !
-Non j’avais pas envie !
-Oui mais c’est une infirmière.
-Et alors qu’est ce que ça peu me fouttre ?! »
Le ton est monté rapidement. J’en avais marre. Je me lève pour allé me laver.
« Tu vas te couper ?!
-NON ! Je suis fatigué je voudrais dormir c’est tout ! »
Fatiguer ?! Possible, mais de tout ça. Fatiguer d’eux. J’ai ouvert le tiroir au dessus de l’évier. J’y ai prit une lame de rasoir. Ils ne remarqueront même pas. Avec le coupe-ongle, j’enlève le plastique pour réussir à sortir les fines lames. Elles sont toutes petites comparé à celles du cutter, ça fait bizarre.
Je m’en veux ! Je me dis que je suis conne. Je me sens affreusement nul. Sur le net, je disais à Angie que ça allait mieux. Que je ne me ferais pas de mal. Et je l’ai fait. Pas qu’une seule fois en plus. Mais deux, trois je sais même plus combien, mais beaucoup trop. Et je ne voulais pas m’arrêter. Merde ! Je suis conne. Conne de l’avoir fait alors que tout le monde sur le net essayé de me remonter le moral.
Je m’en veux. Avant j’avais des limites. Avec les JSP ça ne pouvait être que sur le poing gauche pas plus de dix centimètre. Pour que la montre puisse cacher les marques. Mais maintenant… J’ai les deux avant bras massacré et le haut du dos.
Le pire c’est que ma mère à frapper à ma porte. Je suis conne, j’ai laissé poser sur le lit une bande et une compresse (en gros la routine lorsque je me blesse) elle le sait. Enfin elle sait que je me blesse mais je ne veux pas lui avouer. Elle me regarde et me dit :
« Tu t’es coupé ?!
-Non…Je l’aurais fait quand ?! »
Elle me regarde avec dans les yeux de la pitié et de la tristesse. Merde, pourquoi je lui fais ça ? Elle souffre assez avec mon père. Et je culpabilise encore plus. Elle ajoute :
« Ca fais mal ? »
Je dévie le sujet sur la fête que je vais faire et sur l’anniversaire de mon amie. C’est le seul truc que j’arrive à faire, dévier les sujets. Pourtant je déteste quand c’est quelqu’un d’autre qui le fait. Mais ma mère revient sur mon bras. Et finit par me dire :
« Si tu te sens mal, que tu sens que tu vas avoir un malaise un jour quand tu marches ou bien au lycée, appel moi. »
La je rigole. Je n’arrive pas à parler de mes problèmes au sérieux. Ca fait con, je sais mais je n’y arrive pas. Je me dis qu’il vaut mieux le prendre à la rigolade. Alors je lui réponds :
« Oui bien sur ! Je t’appel et te dis dans dix minutes je vais tomber. »
Je sais que se n’est pas la meilleure chose à faire, que se n’est pas sérieux. Je sais aussi que je me détruis littéralement. Je n’ai rien mangé aujourd’hui, mais je commence à avoir l’habitude. Je me détruis et je m’en fiche…Vivre…Mourir…Pour moi ça m’est égale. Les deux sont aussi nuls et aussi bien. Alors pour le moment j’attends.
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